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Le directeur désigné de la CIA passe son grand oral au Congrès

AFP

jeudi 5 février 2009, sélectionné par Spyworld

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Le directeur de la CIA désigné par Barack Obama, Leon Panetta, répond jeudi aux questions du Congrès qui devait confirmer sa nomination à la tête d’une agence de renseignement à la réputation ruinée par le fiasco irakien et des méthodes anti-terroristes controversées.

M. Panetta, 70 ans, est un politique aux compétences budgétaires reconnues, mais sans réelle expérience dans le domaine du renseignement et le contre-terrorisme. Sa nomination a suscité des réactions mitigées, voire sceptiques.

Ancien secrétaire général de Bill Clinton à la Maison Blanche, cet ancien représentant de la Californie (ouest) au Congrès de 1976 à 1992 enseignait jusqu’à présent les politiques publiques à l’Université de Santa Clara (Californie).

Surprenant au premier abord, le choix d’une personnalité politique plutôt que d’un haut responsable du renseignement devrait selon certains experts aider à rétablir la crédibilité d’une agence éclaboussée par les scandales successifs, dont la transmission de renseignements erronés sur la présence d’armes de destruction massive en Irak, qui ont permis à l’ex-président George W. Bush de justifier l’invasion du pays en 2003.

La Central Intelligence Agency, créée en 1947 et basée à Langley, en Virginie (est), s’est également retrouvée sous le feu des critiques du Congrès pour n’avoir pas prévu ni empêché les attentats du 11 septembre 2001, puis pour avoir appliqué la politique controversée de l’administration Bush dans le cadre de la guerre contre le terrorisme : vols secrets vers Guantanamo, techniques d’interrogatoire assimilées à de la torture ou encore écoutes téléphoniques extrajudiciaires.

S’il est confirmé dans ses fonctions, M. Panetta prendra les rênes de l’Agence centrale du renseignement alors que le président Obama vient de décréter la fin des méthodes d’interrogation de la CIA et des prisons secrètes.

Des changements approuvés par le futur directeur de l’agence.

« Ceux qui soutiennent la torture croient que nous pouvons faire subir des violences aux détenus dans certaines circonstances bien précises, tout en restant fidèles à nos valeurs. Mais c’est un faux compromis. Soit nous croyons en la dignité de l’individu, l’application du droit et l’interdiction de châtiments cruels, soit nous n’y croyons pas. Il n’y a pas de juste milieu », écrivait M. Panetta dans une contribution au journal Washington Monthly l’an dernier.

Son futur supérieur hiérachique, le nouveau directeur du renseignement américain (DNI) Dennis Blair, partage ces positions.

« La torture est illégale, immorale, et inefficace », a-t-il déclaré fin janvier lors de son audition devant la Commission sénatoriale du renseignement. M. Panetta devrait par ailleurs être interpellé sur les importants revenus qu’il a tirés en 2008 de ses activités de conférencier et de consultant.

Selon le Wall Street Journal, il a gagné 700.000 dollars à ce titre l’an dernier, auprès de clients parmi lesquels figurent deux groupes financiers américains en grandes difficultés, Merrill Lynch et Wachovia, rachetées depuis par d’autres banques.


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