mercredi 13 décembre 2017

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Candidat à la direction de la CIA, Leon Panetta promet d’en finir avec les pratiques de l’ère Bush

Sylvain Cypel, le Monde

vendredi 6 février 2009, sélectionné par Spyworld

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Entendu, jeudi 5 février, par le Congrès, qui doit confirmer sa nomination par le président américain, Barack Obama, à la tête de la CIA, Leon Panetta a précisé sa philosophie. Cet ancien secrétaire général de la Maison Blanche (1994-1997) sous la présidence de Bill Clinton entend mettre un terme aux pratiques illégales de l’agence de renseignement qui ont gravement nui à son image durant l’ère George Bush. Mais il a également voulu rassurer ses troupes.

Ainsi, selon M. Panetta, "nous pouvons protéger notre pays, obtenir l’information nécessaire, garantir la sécurité des Américains, en respectant la loi". Leon Panetta s’engage donc à appliquer le décret signé par le président Obama interdisant les extraordinary renditions (transferts exceptionnels de détenus) "dans le but d’être torturés" dans des prisons secrètes de pays qui "violent les valeurs humaines".

BANNIR LA TORTURE

Il interdira la pratique du waterboarding (simulacre de noyade) "qui est de la torture". M. Obama a déjà imposé à la CIA de respecter, durant les interrogatoires, le code militaire qui bannit la torture. Ce qui signifie renoncer aux "avis juridiques" émis par son prédécesseur, qui autorisait, de fait, ces abus. Toutefois, M. Panetta a estimé que si son pays "capture un prisonnier de grande valeur, nous avons le droit de l’incarcérer temporairement pour l’interroger". Il n’en a pas précisé la durée.

Puis, M. Panetta a abordé la question des éventuelles poursuites engagées contre les auteurs d’actes illégaux. Les agents ayant torturé des détenus ne "devront pas être poursuivis ni faire l’objet d’enquête s’ils ont agi selon la loi, telle qu’elle leur avait été présentée par le ministre de la justice", a-t-il promis. Ce qui sous-entend que les donneurs d’ordre ne bénéficieront pas obligatoirement de la même garantie.

Par ailleurs, M. Panetta a promis aux Congrès de rompre avec une autre pratique de l’administration précédente. Celle qui consistait à ne donner des informations sensibles qu’à huit élus dûment sélectionnés. M. Panetta veut "restaurer la confiance entre le Congrès et la CIA". "Trop souvent, des sujets clés ont été cachés à la commission du renseignement. L’informer, entièrement et régulièrement, n’est pas une possibilité. C’est la loi", a-t-il précisé.

Enfin, il a prononcé une phrase qui a dû sonner agréablement aux oreilles de nombre d’agents de la CIA. Leon Panetta a dit ne plus vouloir de yes men ("béni-oui-oui"). "J’encouragerai les voix discordantes. Je l’ai toujours fait."


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