mardi 24 octobre 2017

Accueil du site > Renseignement > France > STIC : La policière aimait trop les "people"

STIC : La policière aimait trop les "people"

Isabelle Mandraud, le Monde

vendredi 6 février 2009, sélectionné par Spyworld

logo

La policière aimait les stars, et suivait avec fidélité, semaine après semaine, leurs aventures dans le magazine Gala. Un gentil passe-temps, n’eût été sa fâcheuse manie de consulter, pour chacune de ses vedettes préférées, le STIC (Système de traitement des infractions constatées), le plus gros fichier de police.

La policière, qui s’est fait repérer au bout de six mois, vérifiait que les "people" n’y figuraient pas. "Elle détruisait ses rêves", soupire l’un de ses pairs. Nulle "tricoche" ici, nul service monnayé. Mais de la curiosité, et un bel abus de pouvoir à la clé.

Piquée au vif par le récent rapport de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) sur les dangers du STIC (Le Monde du 20 janvier), la police intensifie ses contrôles. Depuis juillet 2007, elle dispose d’un outil informatique pour croiser les mouvements sur Chéops et Geopole, deux logiciels internes à la police ; l’un sur la gestion des fichiers, l’autre sur les ressources humaines. Cela permet, entre autres, de déceler des "anomalies", telles que l’utilisation du code d’un agent alors qu’il se trouve en congé. La police songe à remplacer ce code personnel - que l’on peut "emprunter" - par des cartes individuelles à puce. Actuellement, 44 niveaux d’habilitation conditionnent l’accès aux informations du STIC et du fichier des personnes recherchées (FPR).

VISITEUR FANTÔME

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) multiplie aussi les actions de sensibilisation auprès de la hiérarchie. Consulter des données sans cadre d’enquête, c’est déjà une infraction, répètent les "boeuf-carottes". Imprimer des données, c’est pire ; les faire lire est encore plus grave. Or, dès lors qu’il n’y a pas paiement, nombre de policiers n’ont pas le sentiment de commettre un délit. "Au quotidien, le professionnel a tendance à banaliser ses prérogatives", avance Dominique Boyajean, directeur de l’IGPN. Des questionnaires d’auto-évaluation ont été envoyés aux chefs de service. Et les contrôles s’enchaînent. L’IGPN se fait remettre régulièrement la totalité des consultations du STIC sur un an (leur trace est conservée pendant trois ans) : soit 500 000 pour la seule région de Toulouse, par exemple. Cela permet au moins de vérifier qu’un policier parti à la retraite, ou muté dans une autre région, ne continue pas d’apparaître en visiteur fantôme...


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :