mardi 12 décembre 2017

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Afghanistan - Les drones français attaquent le 15 février

Philippe Cohen-Grillet, Francesoir.fr

mardi 10 février 2009, sélectionné par Spyworld

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Paris n’enverra pas plus de troupes au front mais, comme prévu, renforce l’équipement militaire.

Hier en fin d’après-midi, le ministre de la Défense, Hervé Morin, devait s’entretenir avec le très influent général américain David Petraeus, commandant des opérations militaires en Irak et en Afghanistan. Sans surprise, le haut gradé devait de nouveau plaider pour que ses alliés -dont la France- envoient vers Kaboul des renforts de troupes pour lutter contre les insurgés talibans. La réponse de l’Elysée est connue : c’est « non », la France ayant déjà consenti un « effort considérable ».

Pour autant, l’armée tricolore s’apprête à déployer en Afghanistan de nouveaux matériels. Au premier rang figurent des drones, avions pilotés à distance. L’armée de l’air nous a confirmé, hier, que trois de ces engins hyper-perfectionnés sont arrivés dans la province de Bagram. Selon le lieutenant-colonel Sébastien Mazoyer, commandant en second de l’escadron d’expérimentation drones (EED) basé à Mont-de-Marsan, ces anges gardiens du ciel afghan commenceront à entrer en opération le 15 février, au plus tard le 20.

Un détachement de 25 hommes

Il s’agit, pour l’état-major, d’une première d’importance. Certes l’armée de terre dispose déjà sur place de drones tactiques (SDTI), mais ceux-ci ne présentent ni les capacités ni l’autonomie des appareils qui vont prendre leur envol dans quelques jours. « Sur les 1.200 types de drone existant, seuls trois, dont le nôtre, bénéficie d’une liaison satellite », explique le colonel Mazoyer. En clair, l’engin peut diffuser des images en temps réel tant sur le théâtre d’opération qu’à l’état-major parisien. Surtout, ce drone, baptisé SIDM (système intérimaire de drone MALE – moyenne altitude longue endurance) peut rester dans les airs durant près de 24 heures. Son altitude, entre 5 et 7.000 mètres, le met à l’abri des tirs ennemis, tout en garantissant une image d’une résolution très précise. Les SDTI vont fournir des images vidéo, de jour comme de nuit via l’infrarouge.

Par ailleurs, leur système de radar permet de distinguer le moindre mouvement métallique : de la mobylette au pick-up chargé de taliban partant au combat. Si Paris n’envoie pas de troupes, ce déploiement nécessite tout de même la présence sur place d’un détachement de 25 hommes qui resteront en Afghanistan de six à huit mois. Aux drones maintenant de faire leurs preuves. Autre particularité, ils ont été testés grandeur nature lors de la venue du pape à Lourdes, mi-septembre, pour créer une « bulle de protection aérienne ». Mais de là à miser sur un miracle au pays des talibans….


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