lundi 16 octobre 2017

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USA : révélation des excès de la guerre contre le terrorisme

Belga

samedi 14 février 2009, sélectionné par Spyworld

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Plusieurs organisations américaines publient des centaines de pages de documents révélant à nouveau l’implication du Pentagone dans les excès de la guerre contre le terrorisme de George W. Bush et alimentant le débat sur la recherche de responsabilités pénales.

Après plus de quatre années d’efforts juridiques, le Centre pour les Droits Constitutionnels, Amnesty International et le Centre pour les Droits de l’Homme de la New York University ont obtenu des centaines de pages de documents officiels grâce à la loi américaine sur la liberté d’information (FOIA).

Ces documents confirment l’existence de prisons secrètes de la CIA en Irak et à Bagram, en Afghanistan.

Ils montrent également les liens du Pentagone avec la CIA dans le "programme secret de détention, de transfert et de torture", dont l’ancien Président américain George W. Bush a lui-même reconnu l’existence en 2006.

Par exemple, le Pentagone n’enregistrait les prisonniers pour qu’un tribunal militaire décide si leur détention était légitime que quatorze jours seulement après leur arrestation, les laissant dans un vide juridique pendant ce laps de temps.

Par ailleurs, selon un courriel interne daté du 17 février 2006, un transfert de détenus de Guantanamo a été reporté de 45 jours "jusqu’à ce que les choses se calment, sinon les détenus pourraient bien être accueillis en héros à leur arrivée".

A propos de ce courriel, un porte-parole du Pentagone, Jeffrey Gordon, a estimé jeudi qu’il "ne correspondait pas à la politique officielle du Département de la Défense", puisqu’il faisait partie d’un processus de communication interne.

Lors d’une conférence de presse, les trois organisations ont rappelé que ces documents n’étaient que "la partie émergée de l’iceberg".

"Nous voulons savoir qui savait quoi de ce programme et quand, qui a autorisé quoi et quand, et nous voulons aussi savoir qui a disparu dans le cadre de ce programme", a déclaré Margaret Satterthwaite, directrice du Centre pour les droits de l’homme de la New York university.

De son côté l’Aclu, organisation de défense des libertés civiles, a obtenu, par le même biais de la FOIA, des documents attestant de l’existence d’enquêtes du département de la Défense sur les tortures, mauvais traitements et parfois morts de détenus lors des interrogatoires à Bagram et dans plusieurs prisons d’Irak.

Le comportement du personnel militaire était "clairement excessif et non conforme aux règles d’interrogatoire en vigueur", assure le département de la Défense dans un rapport.

Ces révélations, qui s’ajoutent à de nombreuses preuves déjà connues, interviennent alors qu’un sondage publié jeudi dans USA Today montre que deux tiers des Américains sont favorables à l’ouverture d’une enquête criminelle ou menée par une commission indépendante.

Il s’agirait de déterminer les responsabilités au sein de l’administration Bush dans la pratique de la torture, les écoutes téléphoniques sans mandat de la justice après le 11 Septembre et sur l’utilisation du ministère de la Justice à des fins politiques.

"Si des crimes ont été commis, et il y a pléthore de preuves, alors les gens qui ont commis ces crimes devraient être poursuivis en justice, c’est aussi simple que ça", a estimé Michael Ratner, le président du Centre pour les droits constitutionnels dans un communiqué.

Lundi, le président américain Barack Obama a répété à la presse : "mon orientation générale est de dire : (...) tournons la page", mais il n’a pas repoussé des poursuites judiciaires en cas de crimes avérés.


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