mardi 17 octobre 2017

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A Londres, Tony Blair recule sur son projet de loi antiterroriste

Le Monde, avec Reuters et AFP

jeudi 3 novembre 2005, sélectionné par Spyworld

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Le gouvernement britannique a fait marche arrière, mercredi 2 novembre, sur un projet de loi antiterroriste controversé, afin de ne pas prendre le risque de subir un échec parlementaire. Le projet en question prévoyait notamment la possibilité, pour les enquêteurs, de détenir un suspect pendant 90 jours sans charges, contre 14 jours à l’heure actuelle.

Le premier ministre, Tony Blair, avait pesé de tout son poids pour défendre cette mesure, arguant qu’il faut du temps pour rassembler des preuves justifiant une inculpation. Il avait même appelé les parlementaires à "réfléchir très soigneusement" avant de rejeter les propositions du gouvernement. Mais des élus, parmi lesquels figuraient des membres du Parti travailliste, s’étaient montrés prêts à voter contre ce projet d’allongement à trois mois de la durée de garde à vue dans les affaires de terrorisme.

NOUVEAUX POURPARLERS

En cours de débat, mercredi, le secrétaire à l’intérieur, Charles Clarke, a donc annoncé, par crainte d’une défaite, le lancement d’une nouvelle série de pourparlers inter-partis dans l’espoir de parvenir à un compromis. Le texte, adopté le 26 octobre en deuxième lecture par la Chambre des communes, doit être examiné en commission avant de revenir devant les députés.

Le gouvernement de Tony Blair craint aujourd’hui une défaite parlementaire, inconnue depuis 1997. Le premier ministre fait face à une fronde sans précédent au sein des élus de l’opposition mais aussi des travaillistes, son propre camp. C’était le cas mercredi soir avec l’examen du projet de loi antiterroriste. Le premier ministre pouvait ainsi être mis en minorité si seulement 34 députés travaillistes votaient contre son projet de loi. Depuis les élections législatives de mai, la majorité travailliste à la Chambre des communes a été réduite de moitié. Ce revirement intervient quelques heures après un autre échec pour le premier ministre : la démission de l’un de ses plus proches alliés, David Blunkett, ministre du travail et des retraites. M. Blunkett, rappelé au gouvernement par Blair en mai après une première démission, était au cœur d’une nouvelle polémique liée à son passage dans le secteur privé, en infraction avec les procédures prévues pour les anciens ministres. L’opposition a sauté sur l’occasion pour reprocher à Tony Blair son manque de discernement. L’affaire risque d’amoindrir encore l’autorité du premier ministre qui, de l’avis des analystes, est déjà affaibli par sa décision de ne pas briguer un quatrième mandat.


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