mardi 12 décembre 2017

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Concession de Washington à Moscou sur le bouclier antimissile

Reuters

samedi 14 février 2009, sélectionné par Spyworld

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Les Etats-Unis sont prêts à étudier un réaménagement de leur projet de défense antimissile afin d’y associer Moscou, a indiqué vendredi le sous-secrétaire d’Etat américain William Burns, accordant ainsi une concession à la Russie qui s’oppose au projet de bouclier américain.

Le Kremlin incite Washington à céder du terrain sur le projet de bouclier antimissile en échange d’une assistance russe aux opérations militaires sous commandement américain en Afghanistan - l’une des priorités du président Barack Obama.

Moscou et Washington ont déjà envisagé précédemment un compromis qui permettrait aux Russes de jouer un rôle dans le cadre du bouclier américain, mais ces pourparlers sont tombés à l’eau dans les derniers jours de l’administration Bush.

"(Washington est) ouvert aux possibilités de coopération, avec la Russie comme avec les partenaires de l’Otan, en relation avec une nouvelle configuration de la défense antimissile qui ferait appel aux moyens que possède chacun d’entre nous", a déclaré William Burns à l’agence russe Interfax.

L’ambassade des Etats-Unis à Moscou a confirmé le texte de l’interview. William Burns, ancien ambassadeur en Russie, se trouve cette semaine à Moscou pour des consultations.

Le diplomate n’a pas dit la forme que prendrait cette reconfiguration de la défense antimissile, mais les termes qu’il a employés semblent aller au-delà des précédentes offres américaines visant à dissiper les objections russes.

L’ambassadeur de Russie auprès de l’Otan, Dmitri Rogozine, a déclaré à Reuters que Moscou attendrait de voir la suite que donnerait Washington aux propos de William Burns.

Il a cependant reconnu que si les Etats-Unis révisent leur politique de défense antimissile, "ce sera un gros cadeau non seulement pour la Russie, mais aussi pour l’Europe et le peuple américain, car nous serons en mesure de trouver une solution de rechange pour la défense de nos peuples face aux Etats voyous".

VERS UN COMPROMIS ?

La semaine dernière, le vice-président Joe Biden avait exprimé la volonté de "reprogrammer" les relations diplomatiques russo-américaines, tombées depuis quelques années à leur plus bas niveau depuis la Guerre froide.

L’administration Bush avait décidé de déployer des missiles intercepteurs en Pologne et un radar en République tchèque pour faire échec à d’éventuels tirs de missiles par des "Etats voyous" - l’Iran au premier chef.

Moscou fait valoir que Téhéran n’a pas les moyens de frapper l’Europe et considère le projet de bouclier comme un instrument de neutralisation de l’arsenal nucléaire russe. La Russie a menacé de déployer des missiles à la frontière polonaise si le projet américain se concrétise.

L’administration Obama a exprimé l’intention de mettre en oeuvre le projet de bouclier, mais seulement si l’on en démontre l’efficacité et sa rentabilité - phraséologie dans laquelle Moscou voit le signe que Washington est prêt à un compromis.

Les négociations menées par le gouvernement américain précédent portaient sur l’octroi aux autorités russes d’un accès aux installations de défense antimissile prévues en Pologne et en République tchèque, le but étant de leur permettre de vérifier qu’elles n’étaient pas dirigées contre Moscou.

L’ex-président russe et actuel Premier ministre Vladimir Poutine avait proposé un système de défense antimissile conjoint, dans le cadre duquel le Pentagone devait avoir accès aux données d’une station radar russe dans l’ex-république soviétique d’Azerbaïdjan, limitrophe de l’Iran.

Aucune de ces voies de négociation n’a permis de surmonter les divergences de vue des deux parties sur la question.

Dans ce domaine, l’Afghanistan est un enjeu de première importance pour la Russie dans ses négociations avec Washington.

Le Pentagone veut obtenir la coopération de Moscou au ravitaillement des troupes américaines en Afghanistan, en particulier depuis que des convois de camions acheminant du matériel via le Pakistan sont attaqués par des activistes.

Mercredi, des responsables russes se sont dits prêts à mobiliser des avions militaires pour participer au transport de ravitaillement en Afghanistan. Ils ont toutefois laissé entendre qu’ils attendaient une concession de Washington en retour.

Version française Nicole Dupont


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