lundi 18 décembre 2017

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La Défense sauve ses crédits

Anne Rovan, le Figaro

jeudi 3 novembre 2005, sélectionné par Spyworld

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Le ministère de l’Economie et des Finances fait un effort réel en renonçant à près de 430 millions d’euros.

MATIGNON avait annoncé au début de l’été 4 milliards d’euros d’annulations de crédits, sur les 8 milliards mis en réserve pour parer aux dépenses imprévues et à la baisse des recettes fiscales. Le sort des ministères est maintenant scellé. Les deux décrets d’annulations, que Le Figaro s’est procurés, doivent être publiés au JO ce matin ou dans les tout prochains jours. Le premier décret, qui a fait l’objet d’âpres négociations entre Bercy et les ministères, porte sur 3,06 milliards. Le second, qui fait état de 285 millions d’annulations, vise à « compenser » les dépenses urgentes de ces dernières semaines : l’aide à la cuve pour 200 millions, l’hébergement d’urgence des demandeurs d’asile (24 millions), etc. Ils viennent compléter une première annulation de 611 millions sur les crédits de la Défense, publiée fin septembre et compensée simultanément par des ouvertures de crédits du même montant sur ce ministère.

Gare aux effets d’optique

Dans les deux nouveaux décrets, seule la Défense est épargnée. Les deux tentatives de gels de crédits opérés par Bercy sur ce ministère - 600 millions en début d’année, 125 millions en juillet - n’avaient pas tenu bien longtemps. Pour les autres ministères, l’effort est très variable : 190 millions pour l’Agriculture, 172 millions pour les Transports, 90 millions pour la Justice, 103 millions pour les Affaires étrangères. A première vue, c’est surtout l’Emploi et le Travail qui vont absorber le plus d’annulations : 1,3 milliard au total dont 900 millions sur les seules exonérations de charges sur les bas salaires.

Mais gare aux effets d’optique ! Car l’effort est moins important qu’il n’y paraît. Les allégements de charges devraient coûter 17,1 milliards en 2005. C’est d’ailleurs ce montant qui avait été inscrit dans le budget initial. Mais le ministère de Jean-Louis Borloo dispose d’un « petit trésor de guerre » sur cette ligne budgétaire avec 400 millions de crédits reportés de 2004 sur 2005 et 1,3 milliard de trop-versé à l’Accoss fin 2004. Parce que sa montée en puissance a été plus lente que prévu, le plan de cohésion sociale permet par ailleurs d’annuler des crédits qui, de toute façon, n’auraient pu être consommés cette année : notamment 135 millions sur les dispositifs d’insertion des publics en difficulté et 41 millions sur les maisons de l’emploi.


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