mardi 17 octobre 2017

Accueil du site > Défense > International > Sea Basing : quelles applications en France et en Europe ?

Sea Basing : quelles applications en France et en Europe ?

Blog Armée du futur

mercredi 18 février 2009, sélectionné par LL

logo

Après la chute de l’URSS, les grandes Marines se sont vues privées pour longtemps des engagements en eau profonde pour lesquels elles avaient été conçues. Afin de s’adapter à cette nouvelle donne, la Marine américaine a publié en 2003 un programme de transformation appelé "Sea Power 21". Ce programme s’appuie sur 3 axes dont le plus ambitieux et le plus novateur est certainement le "Sea Basing".

D’un point de vue opérationnel, l’idée du Sea Basing est simple : il s’agit d’utiliser les bâtiments de la Marine pour constituer au large une base aéronavale capable de soutenir des opérations terrestres comme le ferait une base de l’armée de terre : accueillir des troupes, les acheminer au combat, assurer leur soutien logistique et leur fournir l’appui-feu nécessaire.

L’intérêt d’utiliser une sea base est double. D’une part elle rend possible une opération loin de tout point d’appui et sans avoir à dépendre d’une nation hôte. D’autre part, elle permet de limiter le déploiement à terre d’infrastructure lourdes et sensibles (stock, hôpital de campagne, atelier de maintenance...) et de gagner ainsi en sécurité et en réversibilité.

Le principal problème est la gestion des mouvements au sein de la sea base et entre la sea base et la côte : il est encore très difficile à l’heure actuelle de faire passer des charges lourdes d’un bateau à un autre et les transports amphibies sont généralement lents. Qu’importe, la Marine américaine écrase l’obstacle sous les billets verts : des aéroglisseurs ou des hélicoptères lourds seront utilisés pour les transports et des navires spéciaux, capables de se relier entre-eux, ont été conçus.

Bien que disposant de moyens beaucoup plus limités, le Royaume Uni et les Pays Bas ont d’ores et déjà traduit le Sea Basing dans leurs doctrines nationales. La France n’a pas suivi le mouvement alors même qu’elle achève de se doter d’un nouveau concept pour les opérations amphibies.

En 2020, la France disposera de capacités amphibies significatives : 4 bâtiments de projection et de commandement dotés d’hôpitaux et d’ateliers de maintenance et de nouveaux transports de débarquement peut-être à effet de surface. Ces moyens devraient permettre dans certains cas de soutenir une opération depuis la mer.

Cependant, les réticences françaises ne concernent pas uniquement la faisabilité du Sea Basing : ce concept doit beaucoup à la tradition géopolitique américaine, en particulier aux travaux de l’amiral Mahan, en France, puissance historiquement continentale, la liberté d’action est associée à l’emprise au sol et au prépositionnement. De plus, être visible, disposer d’infrastructures et éventuellement les mettre au service des civils apparaît préférable dans le cadre des engagements actuels où l’acceptation des population joue un rôle important.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :