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A paraître : « Défendre la France et l’Europe »

jeudi 22 février 2007

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Cet ouvrage dresse un véritable état des lieux de la défense française et européenne. Y sont abordés les grands enjeux de la défense dans les cinq prochaines années. Ses auteurs - parmi lesquels Philippe Esper, président du Conseil économique de la Défense - se préoccupent entre autres de l’asymétrie persistante, voire aggravée, entre les efforts de défense européens et américains. Le budget de défense des Etats-Unis étant deux fois supérieur à celui de l’Union européenne. Un écart budgétaire qui, selon les auteurs, « reste anormal » dans le domaine de l’équipement et de la recherche. Ceux-ci soulignent aussi le rôle important joué par l’Iran, « interlocuteur majeur de l’Europe sur le marché des hydrocarbures », en dépit de la préoccupante question de la prolifération nucléaire. L’énergie, les matières premières, l’eau, l’environnement, les flux migratoires sont reconnus comme les « enjeux conditionnant la sécurité des populations et leur avenir. » Selon l’ouvrage, il existe une économie de la défense, au même titre que pour la santé ou l’éducation. Parmi les recommandations, figure notamment l’impérative « coopération renforcée » dans le domaine de la défense.

Défendre la France et l’Europe, de Philippe Esper, Christian de Boissieu, François David, et Yves-Thibault de Silguy aux Editions Perrin. Sortie en librairie le 1er mars 2007.

ISBN : 2-262-02656-4

Pages : 276

Prix : 20 €.


"Défendre la France et l’Europe" par Philippe Esper, Christian de Boissieu, Bernard Bigot, François David, Yves-Thibault de Silguy, Edition Perrin, en librairie le 1er mars 2007.

Le livre poursuit trois objectifs établir un état des lieux de la défense tant française qu’européenne à partir de sources et de rapports ignorés du grand public ; déterminer les grands enjeux de la défense à l’horizon du prochain quinquennat, et des menaces à moyen/long terme ; recommander des stratégies opératoires dont l’appréciation doit permettre au lecteur de définir des choix politiques.

Le livre constitue une source d’informations inédites et entre autre :

- La comparaison entre efforts de défense européens et américains montre une asymétrie persistante voire aggravée. Malgré une équivalence des produits intérieurs bruts entre les deux principales puissances économiques mondiales, le budget de défense américain (homogène) est deux fois supérieur à l’ensemble des budgets de défense de l’Union européenne (morcelée).
- Une analyse plus fine de cette asymétrie montre que l’écart budgétaire reste anormal en matière d’équipement (rapport de 1 à 2,5) malgré un effort européen dans les cinq dernières années (+ 10 %), et préoccupant en matière de recherche (rapport de 1 à 6). La recherche spatiale européenne est davantage tournée vers le secteur civil et reste marginale dans le domaine militaire. Ainsi, la préparation du futur dans les technologies de défense est américaine et n’est pas européenne.
- Dans le secteur de l’énergie, l’Iran (15 % des réserves mondiales de gaz) produit trois millions de barils de pétrole par jour à comparer à la capacité d’ajustement de l’offre mondiale, aujourd’hui d’un million de barils par jour, et apparaît comme un interlocuteur majeur de l’Europe sur le marché des hydrocarbures et préoccupant sur la question de la prolifération nucléaire.
- Dans un paysage industriel de défense où les entreprises américaines sont plus puissantes et mieux capitalisées (sept américaines et trois européennes dans les dix premières), l’apparition d’une major américaine de l’ingénierie confère aux Etats-Unis une meilleure interopérabilité des dispositifs de défense et une présence dominante plus efficace dans les phases de reconstruction.
- Etant entendu que la finalité première de la défense demeure le besoin politique d’assurance pour les pays et les populations européennes, il existe néanmoins une économie de la défense, au même titre qu’une économie de la santé ou une économie de l’éducation. Ainsi peut-on avancer que si les autres pays européens fournissaient un effort de défense équivalent à celui de la France et du Royaume-Uni, cela permettrait de créer environ 280 000 emplois directs (et peu délocalisables), soit une hausse de 50 % par rapport à la situation actuelle.

Notant l’effort substantiel et productif de la France dans les cinq dernières années, le livre propose la formule difficile mais obligatoire de "coopération renforcée" dans le domaine de la défense, par des voies parfois originales, et des suggestions concrètes sur des questions militaires sensibles et politiquement essentielles.

- Les missions actuelles et futures de défense européenne, nationales ou en coopération, ne peuvent pas ignorer les enjeux conditionnant la sécurité de nos populations et leur avenir, tels que l’énergie, les matières premières, l’eau, l’environnement, les flux migratoires…
- La "coopération de défense renforcée" en Europe doit être fondée en particulier sur la multiplication d’accords bilatéraux de défense, à l’image d’un Saint-Malo 2 avec le Royaume-Uni, prenant le relais du Saint-Malo 1 qui a atteint ses limites, ou d’autres formules engagées avec l’Allemagne ou récemment avec l’Italie et l’Espagne…
- L’esprit européen de défense pourrait être renouvelé et avivé par une mise en commun des technologies de propulsion sous-marine, et une réflexion commune sur la politique balistique spatiale de défense (l’exemple du récent tir chinois sur satellite y invitant).

Ce livre réunit cinq auteurs de stature internationale.

Philippe Esper (Polytechnique et Sciences Po) a été dans la fonction publique le collaborateur de Michel Debré à la défense, d’André Giraud à l’industrie et du Premier ministre Raymond Barre ; après 1981, a dirigé une branche du groupe Renault ; aujourd’hui préside et anime l’entreprise de conseil international Eurotradia. Le ministre de la défense lui a confié la conduite du Conseil économique de la défense depuis mai 2003.

Bernard Bigot (normalien, agrégé de sciences physiques et docteur ès sciences) a été enseignant et chercheur, puis directeur général de la recherche et technologie à l’Education nationale et à la Recherche, puis directeur du cabinet du ministre de la recherche Claudie Haigneré et parallèlement directeur adjoint du cabinet du ministre de l’éducation nationale Luc Ferry. Expert auprès du Parlement européen et consultant auprès de la banque mondiale, il est Haut commissaire à l’énergie atomique depuis 2003.

Christian de Boissieu (docteur d’Etat et agrégé en sciences économiques), professeur à l’université Paris I, directeur scientifique du centre d’observation économique de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, vice-président du Cercle des économistes, président délégué du Conseil d’analyse économique depuis 2003 (le groupe des économistes conseillant le gouvernement).

François David (Ena), après un début de carrière à la Dree, a été conseiller commercial à l’ambassade de France à Londres, puis directeur du cabinet du ministre du commerce extérieur, directeur des relations économiques extérieures, puis directeur des affaires internationales de l’Aerospatiale. Il est président de la Coface depuis 1994.

Yves-Thibault de Silguy (Ena), diplomate (ministre plénipotentiaire), a été conseiller pour les affaires européennes du Premier ministre Jacques Chirac et du Premier ministre Edouard Balladur. Commissaire européen chargé des affaires économiques, financières et monétaires de 1995 à 1999, il fut l’un des artisans de l’euro. Après avoir été membre du directoire du groupe Suez, il est aujourd’hui président de Vinci.

3 Messages de forum

  • Je regrette vivement que les auteurs aient choisis une couverture "corporatiste" qui laisse à penser que la Marine nationale est au coeur de la défense française....
    Surtout quand on sait que la marine nationale est certainement la moins engagée dans la défense du territoire et en opérations extérieures....
    et quand on sait que c’est la plus petite des trois armées françaises....
    Visiblement, cela reflete d’une certaine partialité des auteurs.... qui enlève de la crédibilité à l’ensemble....

  • A paraître : « Défendre la France et l’Europe » 28 mars 2007 10:24, par Jean-François

    Oui, je suis plutot d’accord avec le commentaire précédent.... en plus, je trouve que le livre ne traite qu’un infime aspect du problème.
    Il ne s’agit pas, à mon sens, d’un ouvrage de référence, bien loin s’en faut !

  • Une vraie défense oui. Reflechir sur les enjeux stratégiques oui.... mais alors pourquoi cette volonté affichée de mettre la marine nationale, l’armée la moins engagée en opération, tellement en avant (voir la couverture).
    Quid de l’armée de l’air et de l’armée de Terre qui participent de façon bien plus directe et présente à la défense de la France sur le territoire national et en opération ?
    A moins... bien sur.... que l’auteur ne soit un marin.... mais auquel cas, le débat est faussé d’avance !!