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L’Adit veut croître à l’étranger
Alvezio Buonasorte, Lalsace.fr
dimanche, 25 septembre 2011 / Spyworld

La privatisation de cet ancien établissement public doit lui permettre de faire des acquisitions internationales pour conforter sa première place en Europe.

Le gouvernement français avait créé l’Adit (Agence pour la diffusion de l’information technologique) pour se doter d’une structure de veille technologique et stratégique. Cet établissement public avait été délocalisé à Strasbourg dans la foulée. En 2003, l’agence est transformée en société publique, puis partiellement privatisée en février dernier : le fonds d’investissement français Walter Buttler a acquis 66 % des parts, opération qui doit lui permettre de se développer à l’étranger, particulièrement dans l’Europe scandinave et germanophone, pour conforter sa place de leader européen.

L’Adit, qui emploie au total 145 personnes, se compose de deux structures : l’une basée à Paris effectue l’intelligence concurrentielle pour les très grandes entreprises nationales ; l’autre, toujours implantée à Strasbourg et dirigée par Thierry Ferrari, fait de l’intelligence territoriale pour les services déconcentrés de l’État, collectivités, PME, clusters et pôles de compétitivité. Elle emploie 45 collaborateurs. Des « moyens légaux », pas « de l’espionnage »

« Nous sommes missionnés par les collectivités et l’État, pour identifier les secteurs porteurs d’emplois, de richesses, pour effectuer des études prospectives, pour faire émerger des idées nouvelles de développement économique… en mettant en œuvre nos moyens de veille et nos réseaux internationaux », explique Thierry Ferrari. L’Adit dresse également les profils des investisseurs potentiels afin que les aides publiques ne soient pas détournées par des personnes peu scrupuleuses.

« Les PME n’ont pas le réflexe, ni la culture de l’intelligence économique. Elles sont peu enclines à acheter de l’information économique », constate Thierry Ferrari. D’où la mise en place de cellules territoriales pour épauler les PME dans leurs projets de développement en effectuant pour leur compte des missions de renseignement économique. « Nous ne faisons pas de l’espionnage industriel, comme certaines officines ou services d’État. Nous n’utilisons que des moyens légaux pour recouper des informations et faire ressortir ainsi des données stratégiques. » L’Adit scrute ainsi un concurrent qui pourrait faire de l’ombre à la PME, dresse ses forces et ses faiblesses, mais identifie aussi des partenaires ou des marchés étrangers qui pourraient doper son activité.

Une dizaine de cellules territoriales ont été déployées en France depuis Strasbourg : 750 missions par an sont ainsi menées dans le Nord-Pas-de-Calais. Mais encore aucune n’est opérationnelle en Alsace.

L’Adit a également mis en place des plateformes de veille collective, notamment pour les clusters ou les pôles de compétitivité : « Ces sites internet sécurisés permettent aux adhérents des pôles d’y trouver toutes les informations utiles. » Une quinzaine de plateformes sont déjà en place, mais aucune en Alsace non plus.

Avec la crise financière puis économique, l’activité de l’Adit a explosé : « Nous enregistrons une croissance de notre chiffre d’affaires de 30 % par an depuis 2008. Car en période troublée, les dirigeants ont un besoin essentiel d’informations pour les aider à prendre des décisions dans une période où ils ont peu de visibilité », constate-t-il.

SURFER www.adit.fr

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