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Crash du Rafale en Corrèze : le pilote victime d’une "désorientation spatiale"
Le Monde, avec AFP
jeudi, 10 janvier 2008 / Spyworld

Le ministre français de la défense, Hervé Morin, a annoncé, jeudi 10 janvier, sur RTL, que le premier crash d’un Rafale, survenu le 6 décembre en Corrèze, était dû à une "désorientation spatiale" du pilote, selon les premières conclusions de l’enquête.

Commentant le rapport du bureau enquêtes accidents défense, M. Morin a indiqué qu’à "l’examen de la boîte noire" de l’avion, trois hypothèses étaient envisageables : "une défaillance de l’appareil", un "malaise du pilote" ou sa "désorientation spatiale".

"De toute évidence", a-t-il dit, il ne s’agissait pas d’une défaillance "des moteurs ou des commandes de vol". Quant à l’hypothèse d’un malaise, elle a été écartée, le pilote ayant été "jusqu’au bout" aux commandes de son appareil. Restait donc celle d’une "désorientation spatiale" qui, a-t-il souligné, "n’est pas une erreur humaine mais un danger et un risque inhérent au métier de pilote".

MAUVAISES CONDITIONS CLIMATIQUES

La "désorientation spatiale" intervient lorsque le pilote, trompé par la perception de son oreille interne et privé de repères visuels extérieurs, lors d’un vol nocturne ou dans les nuages, apprécie mal la position de son appareil par rapport au plan horizontal. "Les instruments de bord disent toujours la vérité, or tous les pilotes, un jour ou l’autre, ont connu cette contradiction fondamentale entre ce qu’ils ressentent et ce qu’ils [les instruments] indiquent", a expliqué M. Morin, relevant que "les conditions climatiques étaient mauvaises" au moment de l’accident.

Le ministre de la défense a cependant indiqué que les investigations judiciaires et celles du bureau enquêtes accidents défense se poursuivaient et qu’il restait donc "une part d’incertitude" même si "tout semble" accréditer l’hypothèse retenue. Le Rafale accidenté, basé à Saint-Dizier, en Haute-Marne, s’était écrasé dans une zone inhabitée de la commune de Neuvic après une chute en piqué de 4 000 mètres. Son pilote, le capitaine Emmanuel Moriuser, 34 ans, a été tué dans l’accident.

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